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Les Aéro-Constructeurs Amateurs Atlantique

Constructeurs amateurs d'Avion et d'ULM.
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Le vol du Chipmunk

 

Cela fait longtemps que je m'intéresse à l'aviation et plus particulièrement à l'aviation dite de collection.

C'est en 1999 que j'ai adhéré à la Confederate Air Force et au French Supporter Squadron. Très rapidement l'idée émise par notre président, Bernard DELFINO, d'acheter un avion de collection s'est imposée à tous les membres. Au bout de quatre années et quelques mois nous avons pu accéder à notre Graal et acheter le merveilleux Piper J-3 jaune que vous connaissez tous. Pendant six années j'ai eu le plaisir et le privilège de le piloter ce bel avion jaune.

Le ver était dans le fruit !

2004 est l'année de la rencontre avec un projet initié par Gilles CARTER. La restauration de son Morane Saulnier 317 un monument de l'aviation française. C'est aussi la rencontre avec un homme Monsieur Jacques DUPUIS. C'est Jacques qui a dirigé la partie entoilage du Morane. Assisté de sa femme Colette dont je reparlerai plus loin. C'est donc sur le MS 317 que j'ai commencé vraiment à travailler à la reconstruction d'un avion. Auparavant, je m'étais un peu occupé sur un projet POTTIER au sein de l'aéro-club de La Rochelle. J'ouvre ici une parenthèse: je fais la différence entre construire en suivant un plan et à partir d'un lot de bois ou d'alu et reconstruire une machine ayant déjà volée. Je crois que reconstruire est plus facile si bien sur on a toutes les pièces. Je referme la parenthèse.

En 2005 je pris ma retraite et donc je disposais de beaucoup de temps pour m'impliquer davantage dans un projet. C'est fin 2009 que Gilles me demanda si restaurer un avion avec lui et peut être une troisième personne me plairait. Banco c'est exactement ce que je cherchais ! Un projet à coté de chez moi ! Pour l'instant le projet était dans l'océan indien sur l'ile de La Réunion ! Gilles en avait entendu parler par un ami exerçant la même profession que lui c'est-à-dire conducteur d'engin de levage en l'occurrence pour Gilles pilote de ligne sur Boeing 747.

Son métier l'amenant régulièrement sur l'ile Bourbon il prit rapidement contact avec les personnes qui vendaient l'avion. Son avis et l'examen de plusieurs dizaines de photos prises par Gilles au cours de ses voyages professionnels a suffi de me convaincre. L'avion paraissait sain et dans un bon état général malgré quinze années d'immobilisation.

Restait à le ramener ! J'ai trouvé une société spécialisée dans le déménagement dans cette partie du monde et l'affaire fut conclue. Je vous épargne la partie démontage sur place que nous avons sous traitée au mécanicien du club local. Il faut dire qu'il connaissait bien l'avion car c'est lui qui l'avait remonté à son arrivée dans l'ile ! Au début nous pensions le faire nous même en allant sur place mais les coûts engendrés par le voyage, la location des outils, l'hébergement à l'hôtel et tous les "à cotés" nous ont convaincus de choisir de le faire faire.

Régulièrement, Monsieur VIRAPIN le responsable du chantier à Saint Denis, m'envoyait des nouvelles de l'avancement des travaux de démontage par photos. C'est quand même bien internet ! Nous avons du faire faire également un bâti en bois pour faciliter la manutention et le transport en conteneur. Cet avion a déjà beaucoup voyagé dans sa vie ! Déjà au sein de la RAF, puis en allant et en revenant sur l'ile ! Je suivais son retour sur le web ! Il a changé trois fois de bateau avant d'arrivée en Bretagne pour y être dédouané. Ensuite plus classiquement c'est un camion qui nous a livré le conteneur devant le hangar de l'aéroport de La Rochelle – Ile de Ré le 10 juin 2010.

La partie administrative ne fût pas la plus facile, mais moins difficile que je ne le pensais. Le tout est d'avoir les bons renseignements et surtout de savoir où les chercher. C'est là que le réseau d'amis est utile ! Je remercie Christian RAVEL et Jean-Luc LANGEARD pour leur aide.

Le plus dur fait, il restait tout le reste ! Je ne saurais trop vous recommander d'adhérer au Réseau des Sports de l'Air si vous vous lancez dans ce genre d'aventure. C'est là que vous trouverez tout ! Des hommes qui ont de l'expérience sur le sujet et de la documentation. J'ai beaucoup appris en lisant les articles extrêmement bien documentés de Nigel STEVENS. Un livre regroupant tous ses articles doit maintenant être en vente, achetez-le ! Il deviendra collector dans peu de temps ! Nigel est comme son humour ! Anglais ! Lisez la partie sur la visserie et la boulonnerie anglaise, américaine et française ! Une anthologie !

Je ne vais donc pas reprendre, en moins bien, les différentes étapes de la reconstruction de notre CHIPMUNK parfaitement décrites par Nigel. La seule chose sur laquelle je vais insister est le local adapté. A moins que vous ne souhaitiez divorcer en travaillant dans votre salle à manger et en entreposant vos pièces dans toute la maison ! Si elle reste, c'est que vous être bien marié !

L'organisation du chantier est primordiale. Le choix des outils aussi. J'ai acheté à l'occasion d'un voyage en Angleterre des outils spécifiques adaptés aux boulons et écrous qui sont au standard Withworth. Les outils américains en pouces n'étant pas du tout adaptés. Les problèmes d'intendance réglés le chantier peut commencer.

Démontage des sous-ensembles des deux cockpits pour Gilles, qui s'occupera également du moteur, les ailes, la verrière et le reste du fuselage pour moi. J'ai soigneusement découpé la toile de façon à garder un exemple pour le rentoilage. Comme un "patron" dirait une couturière. Ensuite j'ai décapé la peinture. A chaque stade, j'ai pris beaucoup de photos et de notes notamment sur les marquages militaires. Le décapage est le travail le plus ingrat ! Ensuite vient le moment de protéger en passant une couche d'anticorrosion INTERGUARD de chez DIATEX. Tous mes produits, y compris la peinture, viennent de chez DIATEX.

C'est dans l'été 2011 que nous avons commencé le rentoilage Colette DUPUIS et moi-même. Jacques, le mari de Colette, nous a quittés en décembre 2008. Je me souviens de son sourire moqueur et de ses formules à l'emporte pièces ! Je suis très content d'avoir travaillé avec Colette, elle est toujours de bons conseils et surtout d'une humeur égale et souriante !

Fin septembre 2011 nous terminons l'entoilage et le projet me semble avancer rapidement ! Au printemps 2012 nous pourrons passer les quatre couches d'enduit de tension, l'hiver ayant été trop rigoureux pour le faire, le hangar n'est pas chauffé et je n'avais pas assez de place pour y construire un abri que nous aurions pu chauffer sans nous ruiner.

Tout le printemps 2012 sera consacré à la préparation du chantier peinture et à programmer et organiser le remontage des ailes sur la cellule.

En août la peinture est faite avec parfois quelques problèmes de poussières nous obligeant à refaire certaines pièces. Je me risque à prévoir une mise en route en décembre 2012 ! C'était présomptueux !

Nous avançons quand même; Le remontage des sous éléments est un pur bonheur ! Je commence par remonter la dérive puis la roulette de queue et son amortisseur sur lequel vient la profondeur. Les ailes sont prêtes, les câbles d'ailerons à leur place et nous remontons l'ensemble ! L'avion est sur ses roues et il commence à ressembler à un avion ! C'est en mai 2013 que nous aurons le plaisir d'entendre le bruit du moteur ! Tout tourne et dans le bon sens ! Nous aurons juste à régler un ralenti trop rapide.

En juin la visite de l'OSAC est faite ! Deux freinages à revoir et c'est bon ! La suite c'est l'autorisation provisoire de faire les vols d'essais. Je me suis préparé en volant avec Bruno CHAUVET de l'association FOUG'AIR à Châteauroux-Villers. J'ai donc volé cinquante minutes sur son CHIPMUNK F-AZUU. Avant d'aller chez Bruno, j'ai revu toutes les procédures y compris celles d'urgence.

Le 23 juillet 2013 j'ai mis en route le moteur sans appréhension. Tous les copains sont là, mais je suis bien concentré sur ma tache. Roulement et décollage sans histoires ! Comme dans le livre !

Je suis monté à 5000 ft et j'ai savouré ces minutes tant attendues. Atterrissage sans problème, mon expérience sur train classique commence à être très sérieuse mais ça ne me monte pas à la tête, un pilote ne vaut que par son dernier atterrissage !

 

Et voila, I flew on my poor man's Sptifire!

 

Merci Colette, Raymond, Georges, Jerôme, Pierre, Max, Claude, Gérard et Gilles ! La restauration c'est aussi une belle aventure et une histoire d'amitiés.

 

Patrick Pierre-Pierre

 

Gallerie photos : Cliquez sur les photos pour les agrandir.

 

 

Voir également le WZ-877 dans les avions de Patrick Pierre-Pierre